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24 juillet 2015 | Édition numérique belge

Édition numérique belge : tendances 2014 et perspectives

Cet été, nous vous proposons de revenir sur des temps forts qui ont rythmé la saison. À l’occasion de la Foire du Livre de Bruxelles, le PILEn vous avait proposé d’analyser, dans une table ronde rassemblant plusieurs éditeurs venus du scolaire, de la littérature et de la BD, les grandes tendances de 2014 et les perspectives pour 2015 du secteur du livre numérique en Fédération Wallonie Bruxelles. Etaient présents Chantal Lambrechts, consultante marketing et numérique (qui assurait la modération), Stéphanie Michaux, key account manager chez Primento, Pierre de Mûelenaere, éditeur et co-fondateur d’ONLIT, Jean-Marie Delmotte, directeur de la R&D chez Averbode, et Simon Casterman pour les éditions Casterman. Elise Demierbe revient sur cette rencontre.

 

Y a-t-il un marché suffisant pour le numérique ?

Le numérique représente seulement 1% de l’édition scolaire en France pour un marché 15 fois supérieur à celui de la Belgique. Il n’y a pas encore de marché suffisant pour l’édition scolaire numérique selon Jean-Marie Delmotte, responsable de la recherche et développement aux Éditions Averbode. 

Pour Stéphanie Michaux, key account manager chez Primento, le gros du marché est en France. Pour un livre numérique vendu en Belgique, dix sont achetés en France. Pourtant, la vente des ebooks progresse plus rapidement en Belgique : de 2013 à 2014, on observe une progression de 194% en Belgique, pour 103% en France.

 

Investir pour développer le contenu numérique

2014 a été une année de bouleversement pour la plupart des éditeurs qui ont pris la décision de numériser au moins une partie de leur catalogue, même si cela est lié aux subsides dégagés par la FWB.

Toutefois, si les éditeurs numérisent au moins une partie de leurs titres, la création d’un contenu pensé pour le numérique fait encore souvent défaut. Il s’agit pourtant de l’un des paramètres à prendre en compte pour assurer le bon fonctionnement du numérique en milieu scolaire :

  1. La connectivité
  2. La formation des enseignants
  3. Le développement du contenu

Le test d’intégrer les tablettes au Collège Saint-Pierre de Blankenberge s’est soldé par un échec car il ne respectait pas ces paramètres : outre les problèmes de connexion, les enseignants imprimaient le contenu numérique qui n’était qu’une version homothétique de l’ouvrage original. Pour les éditeurs, il est donc crucial de créer du contenu pensé pour le numérique.

 

Déséquilibre entre investissement et ROI

C’est en effet le développement du contenu numérique qui concerne directement les éditeurs. Pourtant, comme le souligne Jean-Marie Delmotte, alors que l’investissement des départements R&D des maisons d’édition est important pour développer le contenu numérique de leur catalogue, le marché n’est pas prêt à consentir l’investissement nécessaire pour se doter du matériel nécessaire à son bon fonctionnement.

Mutualiser les efforts pourrait être une solution au problème de l’investissement, or souvent les éditeurs développent chacun leur technique de leur côté – cela peut refléter le peu de développement que connaît l’édition scolaire numérique.

Le secteur de la bande dessinée est confronté à la même problématique : développer un contenu pensé pour le numérique, c’est-à-dire adapté aux différents formats de lecture en numérique, tablette mais aussi smartphones, n’est pas encore rentable.

 

Se méfier du discours « passionnel » autour du numérique

Le marché du numérique se développe et les professionnels et lecteurs doivent se méfier du discours passionnel autour du numérique. La conférence se conclut par ailleurs par une citation de Tanguy Habrand, responsable de la collection Espace Nord aux Impressions Nouvelles, extraite de son article publié sur le site Lettresnumeriques.be Pour une approche raisonnée du numérique et de l’imprimé : « Bien que les lecteurs de livres numériques puissent s’adonner au plaisir du texte dans les transports en commun, sur la plage ou dans leur bain, la révolution numérique se fait attendre et tout semble indiquer qu’elle n’aura pas lieu : ce n’est pas une révolution dont il est question, mais une lente et progressive transformation des pratiques de lecture – pour ce qui est des catégories éditoriales les plus demandées en librairie en tout cas. ».

Il faut donc se méfier lorsque l’on parle de « révolution numérique », de « fracture », et du livre numérique qui menace le livre papier contraint à disparaitre. C’est ce que pense Pierre de Mûelenaere, éditeur et cofondateur d’Onlit : « le contenu est plus important que le contenant ». Onlit a publié dans un premier temps uniquement des livres numériques et propose depuis plus d’un an des livres papier. L’avenir de l’édition se trouve bien dans cette complémentarité du livre papier et numérique.

Elise Demierbe
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